Sierra Leone : des personnels anti-Ebola licenciés...

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Des personnels impliqués dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola à Kenema, dans l'est de la Sierra Leone, ont été licenciés pour avoir abandonné des corps dans les rues à l'occasion d'une grève. Le gouvernement dénonce ce mouvement et promet une enquête.
Des membres des équipes anti-Ebola chargés de récupérer des corps et de les enterrer ont observé lundi une grève d'un jour pour réclamer le paiement de primes de risque des mois d’Octobre et de Novembre. En signe de protestation, certains ont transporté des corps d'une morgue pour les abandonner dans les rues, devant des bureaux de responsables du secteur de la santé.
Le chef du Centre national de lutte contre Ebola, Palo Conteh, a estimé que les grévistes "ont ignoré la dignité et le respect dus aux morts. Je ne suis pas contre le fait qu'ils arrêtent le travail, mais cela est inacceptable. Nous allons les payer jusqu'à ce vendredi, mais nous n'avons plus besoin de leurs services. Ils ont été remplacés par des militaires qui ont pris la direction des opérations d'enterrement en collaboration avec des équipes de civils de la Croix-Rouge. Cette dernière formera d'autres groupes pour ces mêmes missions".

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Le gouvernement a déclaré qu'il lance une enquête car la Banque mondiale avait débloqué des fonds pour les indemnités de risque. Le porte-parole du Centre national de Réponse Ebola, Sidi Yahya Tunis, a critiqué l'attitude des personnels anti-Ebola au micro de la BBC : "Oui, ils leur doivent de l'argent, ils mettent en danger leur vie rien qu'en étant membres des équipes chargées d'enterrer les corps. Mais cela ne justifie pas le fait de laisser des cadavres dans la rue de la manière dont ils l'ont faite. Mais il faudra aussi savoir ce qu'est devenu l'argent donné aux équipes de santé du district par le gouvernement sierra-léonais et la Banque mondiale pour payer ces primes de risque. Donc, quelqu'un quelque part doit enquêter pour savoir sur sont passés ces sommes, à qui ont elles été remises".
Ce mouvement d'humeur au sein du personnel anti-Ebola n'est pas le premier du genre. Le 12 novembre, plusieurs dizaines d'employés locaux d'une clinique gérée par Médecins sans frontières (MSF) près de Bo (sud-est) avaient observé une grève de deux heures pour réclamer le paiement de primes de risque.